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 Le Dybouk : Possession par une âme errante

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geranium
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MessageSujet: Le Dybouk : Possession par une âme errante   Sam 13 Fév - 0:13

Le Dybouk : Possession par une âme errante
Par Melmothia


« Qui es-tu ?
J’ai oublié. Je ne peux me souvenir de moi-même qu’au travers de tes pensées. »
Ansky, The Dybbuk, acte 4.

La possession – l’infestation d’un corps par un esprit qui lui est étranger – est un phénomène que l’on rencontre dans presque toutes les cultures et religions. Dans le folklore juif, on nomme l’esprit qui possède un corps un « dybouk », terme désignant une âme errante qui s’attache à une personne vivante et en contrôle les actes.

Le mot dybouk (
דיבוק) est dérivé du terme hébreu pour « attachement » ; car le dybouk se lie au corps d’une personne.


La transmigration des âmes ne fait pas partie du Judaïsme originel.
Dans la Bible, il y a très peu de passages traitant de la vie après la mort, mais des références aux esprits des morts existent. Ainsi, le Livre de Samuel nous raconte l’histoire du roi Saül s’en allant voir la sorcière d’Endor afin de communiquer avec l’esprit de son mentor, le prophète Samuel ; plus loin, on nous parle d’un mauvais esprit s’attaquant au même roi : « et le mauvais esprit de Dieu s’abattit sur Saül ».

Dans le Livre des Rois, le prophète Élie est possédé par l’esprit d’un homme mort qui le pousse à tromper le roi.
Le Talmud fait également référence aux mauvais esprits et à leur exorcisme par les rabbis, mais de nouveau, l’idée qu’une âme puisse aller habiter un nouveau corps, par transmigration ou possession, n’est pas un concept majeur.
Ainsi que le dit le rabbin Winkler : « les juifs ne croient pas à la possession démoniaque. Ils croient qu’en de très rares occasions il peut advenir une possession d’une personne vivante par l’âme qui a quitté le corps, mais non le monde, et cherchant un corps à posséder afin de terminer ce qu’elle avait à terminer ».


Cependant, le concept de la transmigration se développa et gagna de nombreux partisans et vers le 12e
siècle, il fut intégré dans la Kabbale.
Le cercle de l’école de Safed d’Isaac Louria, au 16e siècle embrassa cette doctrine et l’inclut dans ses
enseignements. On trouve ainsi toute une littérature kabbalistique dédiée au phénomène du dybouk : Sefer ha-Hezyonot, Sha’ar Ruach ha-Kodesh, Shalshelet ha-Kabbalah, Emek ha-Melekh, Maaseh Buch. Le dybouk finira par se mêler au folklore et aux légendes des communautés juives de l’Europe de l’est.


Le terme est une abréviation de « dybouk me-rouah’ ra’ah » (emprise d’un esprit malin) ou de « dybouk min ha-hizonim » (dybouk de l’extérieur). Moïse Cordovero appelait le dybouk une « grossesse du mal ». Selon le Shalshelet HaKabbalah (de R. Gedaliah b. Yosef Ibn Yachyah, 1515-1587) une âme peut devenir un dybouk à cause d’une mort prématurée, une mort survenue avant la fin normale de son existence.

_________________
Quelle que soit la chose que vous pouvez faire ou que vous rêver de faire, faites-la.
L'audace a du génie, de la puissance et de la magie."

W.H. Murray
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geranium
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MessageSujet: Re: Le Dybouk : Possession par une âme errante   Sam 13 Fév - 0:22

Le texte kabbalistique de référence sur le sujet est le Shaar Haguilgoulim (« la Porte » ou « le Chapitre
des Réincarnations »), basé sur l’enseignement du Ari (Isaac Louria), et compilé par son disciple, le Rav Hayim Vital. La libération de l’âme passera par un Tikkun, c’est-à-dire une réparation.
« Le Tikkun de l’âme est une rectification due à un inachèvement ou afin de la nettoyer de ses imperfections. Le Tikkun de l’âme est réalisé au travers du Guilgoul et de l’Ibbur. En accomplissant ce qu’il n’a pas pu réaliser des 613 Mitzvoth, en rectifiant un acte ou un dommage qu’il a causé par ses mauvais actes, l’homme rend nécessaire le Tikkun de son âme, qui peut alors s’élever vers des royaumes lumineux et rejoindre sa source » (R. Afilalo).


Le Guilgoul ha-Neshamot (הנשמות גלגלול, « cycle des âmes »), plus communément désigné par Guilgoul, est le concept de la réincarnation, émanant des thèses kabbalistiques dans le judaïsme.
Selon ce concept, les âmes effectuent un « cycle » à travers les vies ou « incarnations », étant attachées à différents corps au cours du temps. Le corps auquel elles s’associent dépend de leur tâche particulière dans le monde physique, du niveau de spiritualité de la ou des précédentes incarnations



On attribue traditionnellement plusieurs origines à ces esprits errants.
Les premières descriptions font état de démons non humains et désincarnés. Plus tard, on en fit les esprits de personnes décédées : âmes de pécheurs essayant d’échapper à leur châtiment ; âmes vengeresses ; âmes perdues tentant de s’incarner dans un corps afin d’entrer en contact avec un rabbi capable de les aider.
« L’esprit qui prit possession d’un jeune homme fut l’esprit de celui qui, dans sa vie, avait abondamment péché et qui ne put ensuite trouver la paix. Il avait pénétré le corps du jeune homme après avoir été forcé de quitter son précédent domicile, le corps d’une vache qui allait être abattue » (Maaseh Buch).


La personne peut, ou non, être consciente qu’elle est possédée par un dybouk ; elle peut également être tourmentée par cet état de fait. L’entrée d’un dybouk dans le corps d’une personne était considérée comme le signe que la victime se trouvait dans une situation de péché.
Car c’est le péché qui ouvre la porte au dybouk. Winkler nous dit que « le dybouk est attiré par quelqu’un qui est dans un état où l’âme et le corps ne sont plus totalement connectés l’un à l’autre à cause de la mélancolie ou de troubles psychologiques. Il cherche une personne particulière qui traverse dans sa vie les mêmes choses qu’il a pu lui-même traverser, c’est une attirance par sympathie – une compatibilité entre l’esprit et la personne se débattant dans les mêmes affres ».
Malgré ces « affinités », les actes du dybouk sont parfois violents et dégradants, se rapprochant alors de ce qu’on lit dans les récits de possessions démoniaques :
« Le dybouk nommé Samuel a soulevé les jambes de sa victime puis les a abaissés l’une après l’autre, très rapidement, encore et encore.
À cause de ces mouvements, qu’il provoquait avec une très grande force, la couverture qui était sur elle tomba et elle fut alors nue et humiliée devant tous
» (The Great Event in Safed, Sec. 21).


Une véritable possession possède des signes précis : la victime du dybouk peut discourir sur des sujets dont elle est censée n’avoir aucune connaissance, parler des langues étrangères, faire de capacités intellectuelles ou manuelles dont elle n’était pas capable jusqu’alors, s’approprier les rêves d’une autre personne, des faits survenus dans un endroit lointain, etc.

Cependant dans la tradition juive, être possédé par un dybouk n’est pas toujours une mauvaise chose, le dybouk n’est pas nécessairement une âme « damnée » ou perdue ; il s’agit de l’âme d’une personne qui n’a simplement pas réussi à accomplir son destin ou une tâche particulière (remplir une promesse, accomplir une mitzvah…) lors de son incarnation et qui, après la mort, cherche un corps afin de l’habiter et pouvoir ainsi accomplir son but. Une fois cette « mission » accomplie, le dybouk quitte le corps ainsi colonisé.

Par ailleurs, un esprit peut entrer dans une personne se trouvant dans un état de désespoir afin de l’aider. Bien que ce phénomène soit moins présent dans la littérature relative aux dyboukim, on en trouve la trace dans ce que l’on appelle « sod ha ibbur » ou « mystère de l’imprégnation ».
Il s’agit là d’une « bonne » possession par un esprit-guide, l’esprit d’une personne qui a dû se battre et a pu vaincre les mauvais penchants contre lesquels le possédé doit se battre. L’Ibbur, en hébreu
עיבור, imprégnation, est une forme de transmigration de l’âme qui est similaire au Guilgoul.

L’Ibbur, qui est la forme de possession la plus puissante et la plus compliquée qui soit, survient lorsqu’un « juste » imprègne l’âme d’une personne vivante possédant déjà sa propre âme. La raison de l’Ibbur est que l’âme « imprégnante » puisse remplir une tâche incomplète lors de sa précédente incarnation ou de remplir une mitzva (un devoir religieux). On appelle encore ce type de possession bénéfique « maggid » qui signifie « celui qui dit » ; certains kabbalistes, comme Moïse Luzzatto, en font régulièrement mention dans leurs écrits.



Lorsque l’infestation par un dybouk est désagréable et nuit à la personne possédée, on a recourt à l’exorcisme dont on retrouve des traces et des « protocoles » dans les écrits des disciples d’Isaac Louria.

Le pouvoir d’exorcisme fut transmis aux ba’alei shem (« Maîtres du Nom ») ou aux Hassidim.
L’exorcisme se faisait par la voie d’un tikkun (restauration) de l’âme de l’entité, d’une transmigration dans un animal ou en envoyant le dibouk dans les limbes. Le rituel de l’exorcisme est toujours pratiqué par un rabbin et la cérémonie doit être accomplie avec l’aide de 10 personnes qui se rassemblent en cercle autour de la personne possédée.
Le groupe récite le Psaume 91 trois fois et le rabbin souffle du shofar afin de produire certains sons et notes qui affectent le corps du possédé, produisant des vibrations qui aident à en chasser l’esprit malin. Le dybouk, ébranlé est alors réceptif et accepte de communiquer avec le rabbin qui peut alors prier pour son repos et clore la cérémonie.
Le but est toujours de soigner à la fois le possédé et l’âme qui l’infeste.
C’est là une différence profonde avec l’exorcisme catholique par lequel le « démon » est combattu, blessé ou détruit.



Dans le Minh’at Yehudah de Judah Moïse Fetya de Bagdad (1933) on peut lire les récits des exorcismes de
dyboukim de Sabbataï Tsevi et de Nathan de Gaza, son disciple, qui avaient pris possession des corps d’hommes et de femmes à Bagdad en 1903.
On trouve d’autres textes relatant des faits similaires à Koretz à la fin du 17e siècle, à Nikolsburg en 1696, à Detmold en 1743 et Stolowitz en 1848.
Le dernier protocole d’exorcisme fut publié en 1904, il relate le cas d’un dybouk qui avait possédé le corps d’une femme et fut exorcisé par Ben Zion Hazzan.


En 1920, S. Ansky, s’inspirant des histoires populaires du folklore yiddish d’Europe centrale, mit en scène le dybouk dans l’une de ses pièces, The Dybbuk, dans laquelle l’âme d’un homme trahi revient afin de hanter le corps du traître.

À notre époque, si l’on entend moins souvent parler de ce phénomène, cela ne signifie nullement qu’il a disparu.
Ainsi, le 7 janvier 2010, des centaines de personnes se sont rassemblées afin d’observer une cérémonie d’exorcisme pratiquée dans la Yeshivat Shalom à Jérusalem par le Rav David Batzri Shlita tentant d’expulser un dybouk du corps d’un jeune brésilien étudiant d’une Yeshiva.
Une précédente tentative avait déjà eu lieu par… Skype en décembre 2009 (voir ici : la video sur le site " class="postlink" target="_blank">Matzav.com)


Sur le site de « Yeshiva World News », on peut en lire le déroulement : « Sors dybouk ! », « dis-nous ton nom » hurle le Rav tandis que retentissent les sons des shofars. Les personnes présentes jurent avoir entendu le dybouk dire, d’une voix ne pouvant être celle du possédé :
« j’ai vécu, j’ai tué un couple et j’ai pris leur fils ».

Le dybouk qui était prêt à quitter le corps du jeune homme en fut empêché par le Rav qui lui commanda de s’en aller par le petit orteil du pied gauche afin qu’aucun mal ne soit fait à la personne possédée. Malgré les prières de Tikkun récitées par l’assistance, le dybouk n’a pu être chassé, refusant tout tikkun nashamah (réparation de l’âme).



Excès de crédulité ? Résurgence de la croyance et de la foi ? Nous ne poserons pas de conclusions, laissant le soin au lecteur de se faire son propre avis, peut-être en visionnant « The Unborn ».

Spartakus FreeMann, janvier 2010 e.v.

Sources :
Between Worlds: Dybbuks, Exorcists, and Early Modern Judaism, J. H. Chajes (University of Pennsylvania Press, 2003) ;
Dybbuk – Spiritual Possession and Jewish Folklore, Jeff Belanger ;
Dybbuk, A glimpse of the supernatural in Jewish tradition, Gershon Winkler ;
Sha’ar ha-Gilgulim (1875) ;
Moïse Zacuto, Iggerot ha-Remez (1780), no. 2 ;
Moïse Abraham ben Reuben H’ayyat, Sepher Ru’ah H’ayyim, (1785) ;
M. Sassoon, Sippur Nora shel ha-Dibbuk (1966) ;
S.R. Mizrah’i, Ma’aseh Nora shel ha-Ru’ah’ (1904) ;
G. Scholem, Leshonenu, 6 (1934), 40–41.

Par Melmothia

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