L'exode du Paranormal

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 Rumi

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geranium
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MessageSujet: Rumi   Sam 11 Oct - 21:37

Rumi, Union des regards, Fusion des âmes
‘‘ Exprime, si tu le peux, le sens sans mots, de sorte que le coeur puisse se charger de la conversation ’’
Fasciné par les sublimes poésies de Rumi, père du soufisme, Will Johnson nous décrit une méthode soufie de fusion mystique. A travers la contemplation silencieuse de l’autre, les illusions cèdent enfin à notre essence spirituelle, pure poésie du cœur enflammé.
Les soufis utilisent un mot magnifique pour désigner la communion mystique à laquelle peuvent accéder deux pratiquants au cœur ouvert lorsqu’ils se trouvent en présence l’un de l’autre. Ils appellent cette communion et ce partage sohbet. Pratiquement intraduisible, ce terme a été associé, la plupart du temps, à l’idée de longue conversation d’ordre spirituel au cours de laquelle deux êtres en quête de Dieu parlent ouvertement ensemble de sujets mystiques. Toutefois, dans le sohbet le plus pur, la parole ne sert pas de moyen de communication. Si les mots restent le mode d’échange idéal pour traiter les affaires de ce monde, au niveau du cœur, le langage essentiel est le silence.

Avec votre partenaire, vous pouvez vous retrouver assis ensemble en silence pendant de longues heures, sans même prononcer un seul mot, pourtant, une communication très intense peut s’établir entre vous. Pour cette raison, Rumi nous recommande :

«Sois silencieux. Si quelqu’un te dit qu’aucune parole n’est possible sans mots ni sons, ne l’écoute pas, ce n’est pas vrai. Sois silencieux. Sans le pain de Dieu ni le vin de l’annihilation, ce mot et cet alphabet ressemblent, dans le meilleur des cas, à deux ou trois tasses vides. Sois silencieux. Exprime, si tu le peux, le sens sans l’alphabet. Dis-le sans mots, de sorte que le coeur puisse se charger de la conversation.»

Si vous pouvez apprendre l’alphabet du langage du cœur, il vous sera alors possible de déchiffrer les messages et les informations écrites sur les pages non imprimées du visage de votre partenaire. En étudiant comment cette langue se parle, vous serez ensuite capable de communiquer à l’être que vous aimez tout ce que votre cœur a besoin de partager et d’exprimer. Lorsque cela se produit, les mystères se révèlent d’eux-mêmes en un enchaînement sans fin. Ce processus s’accomplit d’autant mieux qu’il se passe sans paroles, à travers le langage silencieux des sensations. Une énergie inattendue peut, par exemple, traverser soudain votre partenaire, comme une rafale de vent, et le transformer devant vos yeux en un ange de toute beauté ou peut-être en un petit enfant effrayé.

L’être qui vous est cher se détend et permet aux énergies de circuler à travers lui, vous, vous vous détendez et l’accueillez tel qu’il est. Aucun mot n’est nécessaire. Vous savez tous deux exactement ce qui se passe.

Quand, au cœur de cette fusion profonde, nous commençons à parler à l’être qui est en face de nous - même s’il s’agit de sujets importants ayant un rapport avec le cœur et l’âme -, nous avons tendance à nous extraire du domaine de l’union et à devenir à nouveau séparés. La parole est comme un vieux boulier rouillé : sa technologie est tout simplement incapable d’exécuter les calculs des mathématiques supérieures du cœur. Un outil plus puissant est nécessaire pour ces opérations et il apparaît sous la forme du silence. Le silence soutient la conversation tout en nous maintenant sur les rails. Il déblaye les débris de l’esprit et ses branches tombées, traçant le chemin le moins encombré possible, susceptible de nous conduire en toute sécurité dans, et à travers, la forêt de l’union : «Dans le silence de notre désir, nous sommes ensemble, ne faisant qu’un. Mais dès que nous commençons à parler, Nous nous séparons en deux. Reste donc silencieux. Il y a pour toi et moi, un honneur dans le silence.»

Quand vous vous asseyez avec l’être aimé pour une longue période de pratique, vous stimulez, grâce au pouvoir de vos regards échangés, la perle claire qui est au centre de votre tête. D’habitude, nous ne pouvons ni voir ni ressentir cette perle. Sa présence sereine est cachée derrière les pensées incontrôlées qui, tels des chevaux sauvages, galopent à travers notre esprit. Mais avec l’aide de la pratique, ce mouvement des pensées s’apaise peu à peu et laisse place à la présence ressentie du courant de la force vitale qui traverse ce centre du corps. Maintenant libéré, ce courant balaye les obstructions et les débris du mental (tellement préoccupé d’ordinaire par des scénarios imaginaires), comme s’il débarrassait le coude d’une rivière des rondins de bois qui l’obstruent, créant ainsi un canal à travers lequel les eaux de l’union peuvent s’écouler librement. En général, nous pensons ne pas pouvoir vivre sans le commentaire permanent du monologue intérieur de notre mental. Ses mots et ses pensées sont l’élément moteur qui alimente notre croyance en une existence individuelle, en un «moi» distinct du reste de la réalité dans laquelle il évolue. Perdu dans sa pensée, chacun de nous est comme un seigneur vivant dans un manoir au sommet d’une colline, à l’écart du tumulte de la ville qui se trouve en bas dans la vallée. Mais la vie de château risque de devenir une vie de solitude et, dès lors, le cœur va peu à peu se fermer. Tout comme les murs qui entourent sa demeure, les pensées isolent ce seigneur de la vie plus vaste et plus riche de son cœur. Mais s’il parvient, un jour, à s’élever au-dessus d’elles, une large ouverture peut s’opérer dans son cœur et il sera alors capable de baisser le pont-levis sur les douves qui entourent son manoir, d’inviter la population toute entière dans sa maison maintenant ouverte et de faire de sa vie une fête.

Comme le savent si bien la plupart des individus ayant une pratique spirituelle, calmer le flot des pensées du mental peut se révéler être une tâche immense, relevant du défi. En ce sens, la pratique de la contemplation de l’être aimé est un puissant support pour ceux qui s’efforcent d’y parvenir. Quand vous soutenez le regard de votre partenaire, vous devenez naturellement plus conscient des sensations de votre corps. Pensées et sensations sont comme deux enfants dans la cour d’une école, assis aux deux extrémités d’un jeu de bascule. Quand l’un d’eux est en l’air, l’autre est au sol. Ils ne peuvent tous les deux être en même temps en haut ou en bas. En renforçant la conscience que vous avez de vos sensations physiques, la pratique de la contemplation de l’être aimé apaise automatiquement votre esprit. A mesure que les sensations emplissent de plus en plus votre corps, votre mental se vide petit à petit.

Quand, grâce à la pratique, vous accédez à un état non superficiel, libre de pensées et de mots, votre cœur s’ouvre spontanément et le sohbet commence véritablement. A ce stade, aucune information n’a besoin d’être communiquée entre votre partenaire et vous ; les messages qui jaillissent des profondeurs de vos âmes circulent entre vous et sont transmis sans paroles. Dès que le monologue machinal de l’esprit s’apaise, la conscience et les pensées vraiment importantes s’élèvent naturellement : «La pensée ne vient pas à ton esprit tant que tu n’es pas apaisé. Le cœur n’ouvre pas la bouche tant que tu ne fermes pas la tienne.»


Bien que ceux qui pratiquent la voie du cœur soient capables de s’ouvrir avec succès à son énergie lorsqu’elle se révèle, l’une des erreurs les plus communes qu’ils commettent régulièrement consiste à essayer ensuite de la figer ou de retenir telle ou telle de ses manifestations. Parler d’énergie du cœur au singulier est source d’erreur. Celui-ci a en effet de nombreuses énergies et chacune d’elles est un événement unique. Ce que notre cœur exprime aujourd’hui, ce que nous communiquons aujourd’hui à notre partenaire à travers le regard, peut être totalement différent des messages que nous lui avons transmis hier. Restez toujours ouvert à tout ce qui veut se produire et a besoin d’être exprimé dans l’instant présent.

Les énergies du cœur jaillissent constamment en une succession ininterrompue d’élans, d’ondes et de frémissements ressentis dans le corps. En expérimentant ces vagues qui circulent à travers vous, l’une après l’autre, vous reprenez contact avec votre état naturel : «A chaque instant, une fontaine nouvelle jaillit du cœur, des rivières s’écoulent de ton océan. Le coeur cligne des yeux face à ta gloire.»

Une fois que votre partenaire et vous-même avez vraiment goûté à cet échange mutuel de flux énergétique et à son mouvement de va-et-vient qui s’établit entre vous au cours d’un sohbet digne de ce nom, une fois que vous avez appris comment libérer le courant de la force vitale et lui permettez de délivrer ses messages, vous risquez de vouloir que cette conversation muette se poursuive à jamais. La pratique de la contemplation de l’être aimé peut modifier pour toujours votre compréhension de ce que signifie l’amitié. La conversation habituelle n’aura désormais sans doute plus pour vous autant d’attrait qu’autrefois. Souvenez-vous, en premier lieu, que cette pratique n’a aucune règle fixe. Si, à certains moments, votre partenaire et vous échangez spontanément quelques mots, il n’y a aucun mal à cela. Par moments, vous serez peut-être d’ailleurs tellement exalté que vous ne pourrez vous empêcher d’exprimer en paroles votre bonheur.

Toutefois, vous découvrirez à coup sûr que votre recours habituel à la parole, en tant que seul moyen de communiquer vos pensées et vos sentiments, interfère en réalité avec la continuité de votre abandon au royaume de l’union. Si vous parlez trop, cela vous empêchera de vous fondre plus profondément encore dans la douce chaleur des eaux de l’union, ce qui reviendrait à vous faire couler un bon bain bien chaud sans vous y immerger ensuite. Au cours d’un sohbet prolongé, un excès de mots et de pensées traduit simplement votre absence de désir d’entrer en communion. Le voile du mental s’impose à nouveau et vous tient à l’écart du souhait de votre cœur.


Le fait que Rumi, qui avait pourtant pleinement conscience de la futilité du langage pour exprimer les vérités les plus profondes, n’ait jamais cessé de communiquer par le verbe est à la fois ironique et constitue une grande chance pour nous. Jour après jour, tempêtant, s’extasiant, il composa spontanément de merveilleux chants et poèmes qui explicitaient avec force détails et images saisissantes les splendeurs et les épreuves de la vie spirituelle. Il ne mit jamais aucun de ses poèmes par écrit ni ne travailla leur formulation comme le font les artistes qui multiplient les esquisses tant qu’ils ne sont pas satisfaits de leurs oeuvres. Il ouvrait simplement la bouche et les poèmes s’énonçaient d’eux-mêmes. Par bonheur pour nous, ses paroles furent transcrites par un petit groupe de scribes minutieusement choisis que l’on appelait les «secrétaires du secret». Ce sont eux qui ont rassemblé tous les écrits de Rumi après sa mort et c’est grâce à leurs efforts que nous pouvons, vous et moi, être aujourd’hui touchés et éclairés par ses paroles. Les poèmes sont des présents que nous offre Rumi. Il ne pouvait les empêcher de fuser de sa bouche. Et pourtant, il doit avoir énormément apprécié les périodes de silence qui caractérisaient ses excursions dans le monde de l’union lorsqu’il contemplait longuement les yeux de Shams puis, plus tard dans sa vie, ceux de deux autres grands compagnons de pratique. C’est de ce silence que les mots finissaient par jaillir, comme une plante qui émerge du sol. Dans le Mathnawi, la grande œuvre spirituelle qu’il composa vers la fin de sa vie, Rumi fait en plaisantant allusion au paradoxe qui fut le sien : avoir été à la fois un contemplatif fervent de Dieu silencieux et un intarissable artisan des mots.

Pendant que vous continuez à soutenir le regard de votre partenaire, vous êtes peut-être incapable de dire quoi que ce soit. Par moments, les énergies que libère la pratique peuvent être tellement puissantes que la seule chose que vous puissiez faire est de rester assis, abasourdi, physiquement incapable d’ouvrir la bouche, même si vous aviez à le faire. De toute façon, que pourriez-vous réellement dire dans un moment pareil ? Qu’est-ce qui pourrait bien être plus important que les grandes nouvelles que vos yeux et votre cœur sont en train de communiquer à votre bien-aimé(e) ?

Et que pourriez-vous raconter à vos voisins lorsqu’ils vous demandent d’expliquer ce que vous faisiez et ce qui se passait entre votre ami(e) et vous ? La chose la plus importante que vous pourriez communiquer au monde, de ces périples accomplis avec l’être qui vous est cher dans le pays de l’union, consisterait sans doute à partager la nature grandiose de la pratique. Avec un peu de chance, cela inspirerait d’autres pour entreprendre ce voyage, pour jouir des splendeurs des sons, des formes et des sensations nouvelles qui les y attendent en silence. Peut-être, comme Rumi, les seuls mots appropriés que vous pourriez prononcer seraient-ils :
«J’ai vu ta beauté invisible, et le récit muet de cette vision a touché mon cœur qui, à cette nouvelle, est devenu tout œil. Longue vie aux yeux ! Longue vie aux yeux ! Ne cesse de répéter mon cœur.»
http://linitiation.net/Webzine/W_TsNs_Auteurs.php?ID=188

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Quelle que soit la chose que vous pouvez faire ou que vous rêver de faire, faites-la.
L'audace a du génie, de la puissance et de la magie."

W.H. Murray
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geranium
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MessageSujet: Re: Rumi   Sam 11 Oct - 21:53

« Renonce à toute idée, et que ton coeur entier soit pur comme la face d’un miroir sans image ni dessin. Devenu pur de toutes images, toutes les images y sont contenues. Si les coups reçus t’exaspèrent, comment deviendras-tu un clair miroir sans avoir été poli ? Rumi »
D'aussi loin que l’on puisse remonter le temps, l’élan mystique a toujours habité le cœur des hommes.
Laissons-nous guider par notre imagination : cette force divine a sûrement créé le cœur : Elle a créé un organe pour incarner la vibration de son amour infini. Il se dilate au rythme de cet amour.
D'aussi loin que l’on puisse remonter le temps, l’élan mystique a toujours habité le cœur des hommes.
Laissons-nous guider par notre imagination : cette force divine a sûrement créé le cœur : Elle a créé un organe pour incarner la vibration de son amour infini. Il se dilate au rythme de cet amour.
A la naissance de l’Islam, des confréries de renonçants, des fous de Dieu vivaient en Perse. Le souffle du Prophète atteint les confins de l’immense empire samanide, aux croisées de l’actuelle Iran, de l’Afganisthan, de l’Ouzbékistan et du Turkménistan. C’est dans cet incroyable carrefour de cultures que vivaient les derviches (derviches signifiant : « pauvres »). A l’image des sadhus de l’Inde, si proches de cet ancien empire, les derviches étaient totalement détachés des biens matériels pour mieux trouver la vérité absolue. Ils s’assemblèrent en une fraternité pour pratiquer la chevalerie mystique, la recherche de l’Unité de l’être.
Les derviches étaient connus par les populations locales pour leurs connaissances en médecine, leur sagesse, leurs poésies, leurs chants, leurs danses, leur amour infini pour Dieu.

La puissante impulsion des premiers musulmans trouve un écho profond chez ces mystiques renonçants.
Le contact des deux cultures ne fut pas un choc, mais une onde musicale si belle et si aimante, que sa vibration est parvenue jusqu’à nous. La crainte de l’Eternel et la rigoureuse observance des rites devant Dieu réjouirent les derviches, qui intégrèrent avec enthousiasme la mystique du Coran. Les siècles passant, la pureté de dévotion des ascètes incarnera la perfection des mots du prophète. Pauvres ils le resteront, leur vêtement de laine étant bien souvent leur seule possession, et tout naturellement ils furent appelés « soufis » par les arabes : « souf » signifiant laine.
Selon René Guénon, il ne faut pas oublier qu’en arabe les lettres correspondent aussi à des chiffres. Selon lui, « Soufi a le même nombre que « sagesse divine » ; le soufi est donc celui qui possède cette sagesse ».

Très libres intérieurement, les derviches utilisent différentes méthodes pour rejoindre le Divin.
Selon les époques et les lieux, on trouve des moyens aussi différents que la méditation immobile (Murqaba), la récitation des Noms de Dieu (Dhikr), la danse extatique, la poésie, la marche méditative, les exercices de gymnastique, la lutte, la prière collective, la musique dévotionnelle (Qawwali), les retraites individuelles… Tout peut nous mener à Dieu, pour peu que nous le souhaitions ardemment. Tout acte accompli dans la perfection est une prière tournée vers Dieu.
C’est cette ardeur qui est venue habiter au cœur des confréries derviches. Elle n’a jamais diminué depuis, transmise de génération en génération par des cœurs vaillants amoureux de Dieu.

« Ta tâche n’est pas
de chercher l’amour,
mais simplement de chercher
et trouver tous les obstacles
que tu as construits
contre l’amour. »
Rumi

La grande tolérance et l’ouverture d’esprit qui caractérisaient l’Islam du Moyen Age a favorisé l’ouverture de différentes écoles initiatiques issues des derviches de Perse. Des royaumes et des empires musulmans se sont constitués et ont contribué à leur dissémination dans tout le Moyen Orient, mais aussi en Afrique du Nord, particulièrement dans les Oasis, en Inde, en Asie centrale, et en Europe du Sud, de la Bulgarie à l’Espagne.
Sur l’arbre ancestral des derviches, la greffe de l’Islam prit immédiatement, et devint vite un arbre immense et majestueux, un phare du monde spirituel.

Pour les soufis, toute réalité comporte deux aspects. L’un est extérieur (zahir) et l’autre est ésotérique (batin).
Il faut savoir pratiquer une forme de renoncement aux choses de ce monde pour trouver un équilibre dans notre vision du monde. L’ego humain, le « moi » individuel, basé sur une illusion de soi et une opposition au divin doit s’endormir pour percevoir Dieu agissant en soi-même. Chez les soufis, pour parvenir à une connaissance intérieure du divin, différentes méthodes d’extase sacrée sont employées. Le soufisme est une voie gnostique. C’est le versant ésotérique de l’Islam. Comme dans toutes les religions ésotériques, la connaissance intérieure directe de Dieu (ou de sa Lumière) est possible.

« Renonce à toute idée,
et que ton coeur entier
soit pur comme la face
d’un miroir sans image
ni dessin.
Devenu pur de toutes images,
toutes les images
y sont contenues.
Si les coups reçus t’exaspèrent,
comment deviendras-tu
un clair miroir
sans avoir été poli ? »
Rumi

C’est au début d’un Islam triomphant que naît le plus célèbre des soufis : Jalal ad-Din Muhammad Rumi, dans la région d’origine des derviches, au Nord Est de la Perse. La vie et l’œuvre de Rumi dépassent les frontières, transcendent les peuples, les cultures, et unissent les hommes dans le plus pur de leur cœur : l’aspiration au divin.
Rumi est considéré comme le fondateur de l’ordre des derviches tourneurs. Il n’est pas réellement le fondateur de ces techniques, mais il les a rénovées et enseignées. Rumi a enseigné l’art de célébrer Dieu à travers le chant, la danse, la louange, la poésie… Un mode de dévotion que l’on appelle « Sema », encore pratiqué par les soufis aujourd’hui. Les poèmes mystiques de Rumi sont emplis d’une force de vie qui touche toujours le cœur du lecteur du troisième millénaire, huit siècles après avoir été conçus.
Issu d’une lignée de mystiques derviches, Rumi a 25 ans lorsqu’il reprend la direction de l’école initiatique dirigée par son père. Pendant plusieurs années, il perpétue la tradition. C’est sa rencontre avec le célèbre poète persan, Shamsi Tabrizi, qui va changer sa vie. La découverte de sa poésie fut pour Rumi comme une étincelle.

La littérature perse tourne essentiellement autour de l’idée d’unité et de désunion.
L’être humain a chuté, a été coupé de sa racine première, qui est l’unité divine. Il souffre profondément de cette séparation. Cette idée forme la trame de toutes les activités de ces poètes mystiques perses. C’est cette notion d’amour perdu et cette langueur de l’âme qui va permettre à Rumi de transcender toute la Tradition dont il est le porteur héréditaire.







« Renonce à toute idée, et que ton coeur entier soit pur comme la face d’un miroir sans image ni dessin. Devenu pur de toutes images, toutes les images y sont contenues. Si les coups reçus t’exaspèrent, comment deviendras-tu un clair miroir sans avoir été poli ? Rumi »
D'aussi loin que l’on puisse remonter le temps, l’élan mystique a toujours habité le cœur des hommes.
Laissons-nous guider par notre imagination : cette force divine a sûrement créé le cœur : Elle a créé un organe pour incarner la vibration de son amour infini. Il se dilate au rythme de cet amour.
D'aussi loin que l’on puisse remonter le temps, l’élan mystique a toujours habité le cœur des hommes.
Laissons-nous guider par notre imagination : cette force divine a sûrement créé le cœur : Elle a créé un organe pour incarner la vibration de son amour infini. Il se dilate au rythme de cet amour.
A la naissance de l’Islam, des confréries de renonçants, des fous de Dieu vivaient en Perse. Le souffle du Prophète atteint les confins de l’immense empire samanide, aux croisées de l’actuelle Iran, de l’Afganisthan, de l’Ouzbékistan et du Turkménistan. C’est dans cet incroyable carrefour de cultures que vivaient les derviches (derviches signifiant : « pauvres »). A l’image des sadhus de l’Inde, si proches de cet ancien empire, les derviches étaient totalement détachés des biens matériels pour mieux trouver la vérité absolue. Ils s’assemblèrent en une fraternité pour pratiquer la chevalerie mystique, la recherche de l’Unité de l’être.
Les derviches étaient connus par les populations locales pour leurs connaissances en médecine, leur sagesse, leurs poésies, leurs chants, leurs danses, leur amour infini pour Dieu.

La puissante impulsion des premiers musulmans trouve un écho profond chez ces mystiques renonçants.
Le contact des deux cultures ne fut pas un choc, mais une onde musicale si belle et si aimante, que sa vibration est parvenue jusqu’à nous. La crainte de l’Eternel et la rigoureuse observance des rites devant Dieu réjouirent les derviches, qui intégrèrent avec enthousiasme la mystique du Coran. Les siècles passant, la pureté de dévotion des ascètes incarnera la perfection des mots du prophète. Pauvres ils le resteront, leur vêtement de laine étant bien souvent leur seule possession, et tout naturellement ils furent appelés « soufis » par les arabes : « souf » signifiant laine.
Selon René Guénon, il ne faut pas oublier qu’en arabe les lettres correspondent aussi à des chiffres. Selon lui, « Soufi a le même nombre que « sagesse divine » ; le soufi est donc celui qui possède cette sagesse ».

Très libres intérieurement, les derviches utilisent différentes méthodes pour rejoindre le Divin.
Selon les époques et les lieux, on trouve des moyens aussi différents que la méditation immobile (Murqaba), la récitation des Noms de Dieu (Dhikr), la danse extatique, la poésie, la marche méditative, les exercices de gymnastique, la lutte, la prière collective, la musique dévotionnelle (Qawwali), les retraites individuelles… Tout peut nous mener à Dieu, pour peu que nous le souhaitions ardemment. Tout acte accompli dans la perfection est une prière tournée vers Dieu.
C’est cette ardeur qui est venue habiter au cœur des confréries derviches. Elle n’a jamais diminué depuis, transmise de génération en génération par des cœurs vaillants amoureux de Dieu.

« Ta tâche n’est pas
de chercher l’amour,
mais simplement de chercher
et trouver tous les obstacles
que tu as construits
contre l’amour. »
Rumi

La grande tolérance et l’ouverture d’esprit qui caractérisaient l’Islam du Moyen Age a favorisé l’ouverture de différentes écoles initiatiques issues des derviches de Perse. Des royaumes et des empires musulmans se sont constitués et ont contribué à leur dissémination dans tout le Moyen Orient, mais aussi en Afrique du Nord, particulièrement dans les Oasis, en Inde, en Asie centrale, et en Europe du Sud, de la Bulgarie à l’Espagne.
Sur l’arbre ancestral des derviches, la greffe de l’Islam prit immédiatement, et devint vite un arbre immense et majestueux, un phare du monde spirituel.

Pour les soufis, toute réalité comporte deux aspects. L’un est extérieur (zahir) et l’autre est ésotérique (batin).
Il faut savoir pratiquer une forme de renoncement aux choses de ce monde pour trouver un équilibre dans notre vision du monde. L’ego humain, le « moi » individuel, basé sur une illusion de soi et une opposition au divin doit s’endormir pour percevoir Dieu agissant en soi-même. Chez les soufis, pour parvenir à une connaissance intérieure du divin, différentes méthodes d’extase sacrée sont employées. Le soufisme est une voie gnostique. C’est le versant ésotérique de l’Islam. Comme dans toutes les religions ésotériques, la connaissance intérieure directe de Dieu (ou de sa Lumière) est possible.

« Renonce à toute idée,
et que ton coeur entier
soit pur comme la face
d’un miroir sans image
ni dessin.
Devenu pur de toutes images,
toutes les images
y sont contenues.
Si les coups reçus t’exaspèrent,
comment deviendras-tu
un clair miroir
sans avoir été poli ? »
Rumi

C’est au début d’un Islam triomphant que naît le plus célèbre des soufis : Jalal ad-Din Muhammad Rumi, dans la région d’origine des derviches, au Nord Est de la Perse. La vie et l’œuvre de Rumi dépassent les frontières, transcendent les peuples, les cultures, et unissent les hommes dans le plus pur de leur cœur : l’aspiration au divin.
Rumi est considéré comme le fondateur de l’ordre des derviches tourneurs. Il n’est pas réellement le fondateur de ces techniques, mais il les a rénovées et enseignées. Rumi a enseigné l’art de célébrer Dieu à travers le chant, la danse, la louange, la poésie… Un mode de dévotion que l’on appelle « Sema », encore pratiqué par les soufis aujourd’hui. Les poèmes mystiques de Rumi sont emplis d’une force de vie qui touche toujours le cœur du lecteur du troisième millénaire, huit siècles après avoir été conçus.
Issu d’une lignée de mystiques derviches, Rumi a 25 ans lorsqu’il reprend la direction de l’école initiatique dirigée par son père. Pendant plusieurs années, il perpétue la tradition. C’est sa rencontre avec le célèbre poète persan, Shamsi Tabrizi, qui va changer sa vie. La découverte de sa poésie fut pour Rumi comme une étincelle.

La littérature perse tourne essentiellement autour de l’idée d’unité et de désunion.
L’être humain a chuté, a été coupé de sa racine première, qui est l’unité divine. Il souffre profondément de cette séparation. Cette idée forme la trame de toutes les activités de ces poètes mystiques perses. C’est cette notion d’amour perdu et cette langueur de l’âme qui va permettre à Rumi de transcender toute la Tradition dont il est le porteur héréditaire.
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